Violences faites aux enfants : le CNB appelle à renforcer durablement les moyens de la justice
À la suite du décès de la jeune Lyhanna et de l’émotion suscitée par cette affaire, le Conseil national des barreaux (CNB) a adopté une résolution dénonçant les difficultés persistantes rencontrées par la justice dans le traitement des violences commises contre les enfants. Selon le CNB, cette affaire ne révèle pas seulement des erreurs individuelles, mais met en lumière des dysfonctionnements structurels affectant l’ensemble de la chaîne judiciaire.
Le CNB estime que les réponses consistant uniquement à renforcer les sanctions pénales ne permettent pas de résoudre les problèmes de fond. Il souligne notamment l’existence de nombreuses plaintes non traitées ou traitées avec retard, l’engorgement des juridictions et des services d’enquête, ainsi qu’un manque de hiérarchisation des priorités dans l’action publique. Ces difficultés contribuent à ralentir le traitement des affaires les plus sensibles, notamment celles concernant les violences sexuelles commises sur des mineurs.
L’institution insiste également sur l’insuffisance des moyens humains et matériels de la justice. Malgré les efforts budgétaires récents, elle considère que les effectifs de magistrats, de greffiers, d’enquêteurs et d’experts demeurent insuffisants pour répondre aux besoins. Cette situation se traduit par des délais excessifs, des expertises tardives et une dégradation des conditions de travail des professionnels de justice.
Le CNB appelle ainsi les pouvoirs publics à engager un effort durable pour renforcer les capacités de la justice, développer les structures spécialisées et améliorer la prise en charge des enfants victimes. Il rappelle que la protection effective des mineurs repose avant tout sur l’application concrète des dispositifs juridiques existants et sur le bon fonctionnement de l’institution judiciaire, condition essentielle au respect de l’État de droit et à la confiance des citoyens dans la justice.